Le volume d’affaires de la sous-traitance en République démocratique du Congo a connu une progression spectaculaire entre 2022 et 2024, avant de subir un ralentissement en 2025 dans un contexte marqué par l’insécurité dans l’Est du pays. C’est ce qu’a révélé lundi à Kinshasa le Directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Kashal Katemb, lors d’un briefing presse.
Selon le responsable de l’ARSP, les statistiques publiées pour les trois dernières années traduisent une montée en puissance notable de ce secteur stratégique dans l’économie nationale.
« Lors de mon premier état des lieux en 2022, il n’y avait que 300 millions de dollars de chiffre d’affaires. En 2023, nous sommes passés à plus de 2 milliards de dollars (…) En 2024, nous avons dépassé 2,4 milliards, avant de retomber à plus de 1,7 milliard en 2025, une baisse liée notamment à la guerre d’agression », a-t-il déclaré.
Pour Miguel Kashal, cette évolution reflète les effets de la vulgarisation de la loi sur la sous-traitance ainsi que l’implication croissante des acteurs nationaux dans ce secteur longtemps dominé par des intérêts extérieurs.
Le directeur général souligne qu’en 2023, la répartition du marché plaçait déjà les Congolais en position majoritaire, avec 51 % des parts contre 49 % pour les expatriés.
Une dynamique qu’il présente comme un signal encourageant pour la promotion de l’entrepreneuriat local et la redistribution des opportunités économiques au profit des nationaux.
Miguel Kashal a également insisté sur la nécessité de faire respecter l’esprit de la loi, en rappelant que la sous-traitance ne doit pas être confondue avec les activités principales des grandes entreprises, notamment dans le secteur minier.
« La sous-traitance est une chaîne de valeur (…) Une société minière a pour objet la production, la découverture et la commercialisation des minerais. On ne peut pas lui accorder une licence pour exercer des activités secondaires, sinon il n’y a plus de place pour la sous-traitance », a martelé le DG de l’ARSP.
Dans cette logique, l’Autorité exige des sociétés principales qu’elles collaborent avec de véritables structures habilitées à exercer comme sous-traitants, afin de garantir l’émergence d’un tissu économique local plus structuré.
Si les performances de 2023 et 2024 témoignent d’une croissance importante, le recul observé en 2025 rappelle toutefois la vulnérabilité de l’économie congolaise face à la dégradation du climat sécuritaire, particulièrement dans les zones affectées par le conflit armé.
Pour l’ARSP, l’enjeu reste désormais de consolider les acquis, renforcer la régulation et protéger les opérateurs économiques congolais afin que la sous-traitance demeure un levier durable de création de richesses et de souveraineté économique.
Yvette Ditshima






