Par Jonas Tshiombela, Avocat du peuple.
Kinshasa, 20 avril 2025. En République Démocratique du Congo, pays au potentiel énergétique immense, la situation actuelle de la Société Nationale d’Électricité (SNEL) est un paradoxe inacceptable.Comment comprendre qu’un pays doté du fleuve Congo et du complexe d’Inga, capable d’éclairer une grande partie de l’Afrique, plonge sa propre capitale dans l’obscurité ?
Aujourd’hui, la vérité est simple et brutale : la SNEL ne remplit plus sa mission de service public. Chaque mois, les Congolais reçoivent des factures d’électricité. Chaque mois, ils paient. Mais en retour, que reçoivent-ils ? Des coupures intempestives, des quartiers entiers plongés dans le noir, des équipements endommagés, des activités économiques paralysées. Cette situation n’est pas seulement une défaillance technique c’est une faillite de gouvernance. Plus grave encore, une opacité persistante entoure la gestion des frais liés à l’éclairage public. La population paie pour un service qui n’existe pas ou très peu. Où va cet argent ? Qui en bénéficie réellement ?Pourquoi aucune transparence n’est garantie ? Le silence des autorités compétentes devient complice d’un système qui pénalise les citoyens et fragilise davantage la confiance publique.
À Kinshasa, l’absence d’éclairage public alimente directement l’insécurité. Les rues plongées dans l’obscurité deviennent des zones de non-droit. Le lien est évident : là où la lumière disparaît, l’insécurité prospère. Et pourtant, aucune réponse structurelle n’est apportée.
Face à cette accumulation de manquements, il est désormais légitime d’exiger des responsabilités. Gouverner, c’est répondre aux besoins essentiels de la population. Lorsqu’on échoue durablement à cette mission, la conséquence logique est la remise en cause du leadership.
C’est pourquoi, au nom de la justice sociale, de la transparence et du respect des citoyens, le départ immédiat des actuelles autorités de la SNEL s’impose. Il ne s’agit pas d’un règlement de comptes, mais d’un impératif de responsabilité publique. La population congolaise ne peut plus être spectatrice de ses propres souffrances. Elle doit redevenir actrice du changement. La mobilisation citoyenne est aujourd’hui une nécessité :
– pour exiger la vérité sur la gestion des fonds publics liés à l’électricité ;
– pour réclamer un service de qualité, fiable et équitable ;
– pour mettre fin à l’impunité dans la gestion des entreprises publiques.
La Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) appelle ainsi à un réveil citoyen. Les Congolais doivent se tenir prêts pour des actions pacifiques, responsables et déterminées contre les abus persistants au sein de la SNEL.Ce combat n’est pas seulement celui de l’électricité. Il est celui de la dignité, de la justice et de la redevabilité. Trop, c’est trop. Le peuple congolais mérite la lumière au sens propre comme au sens figuré.


![SNEL : trop, c’est trop, le peuple congolais doit exiger des comptes et le départ des dirigeants défaillants [Tribune]](https://infos.cd/wp-content/uploads/2026/04/1280px-barrage_inga_4028379271_0.jpg)



