Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s’est déclaré mercredi lors d’une de presse à Kinshasa prêt à briguer un nouveau mandat « si les Congolais » le lui demandent, tout en évoquant la possibilité d’une révision constitutionnelle soumise à référendum. Des déclarations qui ont rapidement suscité des réactions au sein de l’opposition.
Face à la presse, le chef de l’État congolais, au pouvoir depuis 2019, a affirmé que toute réforme de la Constitution devrait passer par une consultation populaire.
« Si les Congolais me demandent de revenir, je suis à leur disposition », a déclaré Félix Tshisekedi, avant d’ajouter :
« Si changement ou révision doit se faire, ce ne sera jamais sans consulter la population, par référendum ».
Depuis plusieurs mois, le débat autour d’une éventuelle réforme de la Constitution alimente les discussions politiques en RDC. Une partie de l’opposition soupçonne le pouvoir de vouloir modifier le texte fondamental pour permettre au président Tshisekedi de briguer un troisième mandat, hypothèse régulièrement rejetée ou nuancée par les autorités.
Au cours de cette conférence de presse, Félix Tshisekedi a également évoqué les conséquences de la guerre dans l’Est du pays sur le calendrier électoral.
« Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement on ne saura pas organiser les élections en 2028 », a-t-il déclaré.
Le président congolais a insisté sur le fait qu’il ne s’agirait pas d’un refus politique, mais d’une contrainte liée au contexte sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
« On ne va pas les organiser sans le Nord et le Sud-Kivu quand même. Comment est-ce qu’on va organiser les élections ? Regardez en Ukraine, ça fait deux ans, il devait y avoir les élections. Le monde entier a compris que le président Zelensky ne peut pas les organiser », a-t-il soutenu.
Ces propos interviennent alors que la situation sécuritaire reste tendue dans l’Est de la RDC, marqué par les affrontements impliquant notamment la rébellion du M23.
Les déclarations du chef de l’État ont aussitôt provoqué des réactions dans l’opposition. Proche de l’ancien président Joseph Kabila, l’ex-député Claudel-André Lubaya estime que Félix Tshisekedi prépare une remise en cause de l’ordre constitutionnel.
« Aucune disposition de la Constitution ne prévoit qu’une prétendue volonté populaire puisse justifier une violation de sa lettre et de son esprit », a-t-il réagi.
L’opposant, actuellement en exil, accuse également le président congolais d’entretenir une contradiction entre l’idée d’un référendum et l’impossibilité d’organiser les élections en raison de la guerre.
« Le président Tshisekedi annonce urbi et orbi sa volonté de violer la Constitution (…) puisqu’il l’a lui-même dit : il ne pourra pas organiser les élections tant que la guerre continuera. Mais alors, comment va-t-il organiser un référendum ? », s’est-il interrogé.
Tshisekedi a souligné qu’« aucune question d’intérêt national ne saurait être confisquée, caricaturée ou interdite de réflexion », invitant par ailleurs les Congolais à regarder leur pays « comme un verre à moitié plein et non comme un verre à moitié vide ».
Yvette Ditshima






