Les états généraux de la justice, prévus du 6 au 13 novembre 2024 à Kinshasa, suscitent des préoccupations quant à leur efficacité pour aborder les défis majeurs de la justice congolaise.
Dans un communiqué parvenu ce mardi à Infos.cd, JUSTICIA Asbl, organisation de défense des droits de l’homme en RDC, estime que les états généraux n’étaient vraiment pas « opportuns ».
Cette organisation craint que ces assises ne se transforment en « simples discours politiques, éloignés des solutions concrètes aux problèmes du secteur judiciaire ».
Le choix de mettre en avant des interventions politiques, — près de 15 ministres programmés pour des discours—, pourrait, selon Justicia ASBL, réduire le temps dédié aux techniciens de la justice pour apporter des solutions concrètes.
« Il y a risque que ces états généraux se transforment uniquement en des discours théoriques et magistraux tenus par des politiciens en quête d’audience, que des questionnements et pistes de solution posés par des techniciens en la matière », a-t-on lu dans ce communiqué .
Parmi les problèmes identifiés figurent les salaires bas des personnels judiciaires, le manque de ressources, l’insuffisance de juges dans certaines juridictions, la persistance des frais illégaux, l’impunité des magistrats, et l’ingérence politique au sein du Conseil supérieur de la magistrature.
La corruption et le clientélisme continuent aussi de miner l’indépendance et l’efficacité de l’appareil judiciaire.
Me Timothée Mbuya, président de JUSTICIA Asbl, prévient qu’organiser ces assises de manière « folklorique » serait une perte de temps et de ressources. Il appelle le ministère de la Justice à ajuster son programme pour privilégier les discussions techniques et pratiques, menées par des experts, afin de permettre à la justice congolaise de véritablement servir la population.
Yvette Ditshima