L’ONG La Voix des Sans Voix a appelé, jeudi à Kinshasa, le président de la République à prendre des mesures pour décrisper le climat politique, estimant que le débat autour de la révision ou du changement de la Constitution pourrait accentuer les tensions et entraîner des violations des droits humains.
Au cours d’un point de presse organisé à son siège, la VSV a affirmé que les fractures observées au sein de la société congolaise constituent un facteur de risque pour la stabilité du pays.
« Le soutien à la révision ou au changement de la Constitution serait le réel prétexte de la bombe à retardement prête à exploser à tout moment pour tout brûler, tout casser en RDC, plongeant ainsi le pays dans une sorte d’incertitude et de peur comme en 2015 et 2016 avant la fin du mandat de l’ancien président Joseph Kabila », a déclaré Irène Monama.
La responsable de l’organisation a réaffirmé la position de la VSV, qui s’oppose à toute réforme constitutionnelle dans les circonstances actuelles.
« La VSV dit non à la réforme de la Constitution dans les conditions et contexte actuels », a-t-elle insisté.
L’organisation a également exhorté le pouvoir à ne pas se laisser influencer, selon elle, par certains acteurs poursuivant des intérêts personnels.
« Le pouvoir de Kinshasa devrait éviter de se faire induire en erreur par de nombreux flatteurs qui agissent pour obtenir ou préserver des dividendes politiques ou financiers, notamment des nominations à des postes de responsabilité ou le maintien à leurs actuels postes juteux », a ajouté Irène Monama.
Au-delà du débat constitutionnel, la VSV s’est inquiétée des agissements attribués à la « Force du progrès », un mouvement présenté comme proche de l’Union pour la démocratie et le progrès social.
Selon l’ONG, des informations faisant état de menaces visant des opposants politiques et des responsables religieux méritent une attention particulière des autorités.
« Des informations faisant état d’opposants politiques et de religieux se sentant menacés par des individus se faisant passer pour des membres de la force dite du progrès ne peuvent laisser indifférents les défenseurs des droits de l’homme », a-t-elle déclaré.
Le débat sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution continue de diviser la classe politique congolaise. Les partis de la majorité réunis au sein de l’Union sacrée et certains de leurs alliés se montrent favorables à cette initiative, tandis que plusieurs formations de l’opposition, regroupées au sein de la coalition C64, ainsi que des organisations de la société civile et l’Conférence épiscopale nationale du Congo, s’y opposent, estimant que le contexte sécuritaire et politique actuel ne s’y prête pas.
Jevic Ebondo






