A la tête du réseau qui tente de s’accaparer de ces biens immobiliers à la Gombe, un certain Patou Mbongo, un « folio man » bien connu des services de sécurité, mais jamais mis hors d’état de nuire.
L’insécurité foncière a la peau dure en République démocratique du Congo, particulièrement à Kinshasa où la majorité de dossiers judiciaires concerne ce secteur.
Eric Roger Minne est un septuagénaire belge qui a acquis depuis 2003 deux appartements à la commune de la Gombe.
Alors qu’il se croyait en totale sécurité avec ses certificats d’enregistrement portant sur des concessions ordinaires, conformément au régime applicable aux étrangers en République Démocratique du Congo, un réseau de spoliateurs appelés « Folio Men » tente de s’accaparer de ses biens.
Depuis décembre 2025, un certain Patou Mbongo Mosango affirme avoir acheté ces mêmes appartements auprès d’une certaine Isabelle Bomboko Eluki qui serait également de nationalité belge. Cette dernière les aurait acquis auprès de M. Eric Roger Minne en 2018. Patou Mbongo Mosango avait même obtenu auprès des services compétents une mise en demeure sommant les occupants à libérer les lieux dans 72 heures.
Sauf que M. Eric Roger Minne ne connaît ni Isabelle Bomboko Eluki encore moins Patou Mbongo Mosango.
Depuis cette prétendue acquisition de 2018, Mme Isabelle Bomboko Eluki ne se serait jamais présentée auprès du syndic de l’immeuble pour signaler un changement de propriétaire encore moins à l’administration foncière. Aucune procédure de remise des clés, d’identification auprès du syndic ou de présentation des documents officiels établissant ses droits n’aurait été effectuée.
Eric Roger Minne continue à détenir les originaux des certificats d’enregistrement et des documents relatifs aux deux appartements. Aucune mutation n’a donc été établie auprès de l’administration foncière. De quoi se demander si
Isabelle Bomboko Eluki n’est pas une personne fictive.
Avec quels titres Patou Mbongo Mosango a pu acheter les deux appartements ? Des zones d’ombre qui pousserait à dire qu’on serait en face du phénomène bien connu à Kinshasa nommé « Folio Men ». Ce phénomène fait référence à un réseau d’agents d’administration foncière, des magistrats et autres escrocs de la place qui s’exercent à spolier des biens immobiliers de l’Etat et des particuliers, sur base de faux jugements et faux documents fonciers. Des propriétés des ressortissants étrangers ne sont pas épargnées, surtout aux quartiers d’affaires de la Gombe.
Conscient de ce problème qui porte atteinte à l’Etat de droit, le Premier président de la Cour de Cassation, Elie-Léon Ndomba Kabeya a signé, le 5 février 2026, une note circulaire sur les procédures relatives aux actions en revendications ou en confirmation de droit de propriété immobilière. Dans cette note, il dénonce « l’émergence des actions en justice rematives à la revendication ou à la confirmation de droit de propriété immobilière initiée par les réseaux dits « folio men » devant les cours et tribunaux aux fins de spoliation des biens immobiliers de l’Etat et des particuliers ».
« Les jugements et arrêts qui en résultent sont rendus au bénéfice des parties demanderesses fictives, le plus souvent par défaut à l’égard des parties defenderesses à hauteur de 80%, sur base des exploits signifiés à des adresses et à des personnes imaginaires ou en se transportant à la commune ou au quartier, voire à domicile inconnu », mentionne le Premier président de la Cour de Cassation, dans cette note circulaire.
Selon nos informations, Patou Mbongo Mosango est bien connu des services de sécurité comme étant un « Folio Men » à la tête, depuis longtemps, d’un réseau de spoliateurs. Sauf qu’il n’est toujours pas mis hors d’état de nuire, malgré plusieurs forfaits à son actif.
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