La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle résurgence de la maladie à virus Ebola, variante Bundibugyo, avec 513 cas suspects et 131 décès enregistrés dans les zones affectées, a annoncé lundi le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, lors d’un briefing à Kinshasa.
Selon le ministre, ces chiffres doivent toutefois être interprétés avec prudence, car tous les décès recensés ne sont pas forcément liés à Ebola.
« Nous avons enregistré 131 décès dans les zones touchées, mais tous ne sont pas forcément attribuables à Ebola. Ce sont des décès suspects, et des enquêtes sont en cours pour établir lesquels sont réellement liés à la maladie », a précisé Roger Kamba.
Six zones touchées en Ituri et au Nord-Kivu
L’épidémie touche désormais six zones de santé, réparties entre les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Il s’agit notamment de Mongbwalu et Rwampara, identifiées comme épicentres de l’épidémie en Ituri, ainsi que Bunia et Nyankunde dans la même province.
Au Nord-Kivu, les zones de Butembo-Katwa et Goma sont également concernées, selon les autorités sanitaires.
Face à la situation, le gouvernement se veut rassurant, soulignant que la souche en circulation, Ebola Bundibugyo, est considérée comme moins virulente que la souche Ebola Zaïre, responsable de précédentes épidémies meurtrières en RDC.
Déclarée officiellement le 15 mai par le ministère de la Santé, cette flambée constitue la 17e épidémie d’Ebola enregistrée en RDC, un pays régulièrement confronté à ce virus zoonotique.
Selon les experts de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), cette variante est génétiquement distincte des précédentes épidémies de 2007 et 2012, et proviendrait directement d’un réservoir animal.
Le professeur Jean-Jacques Muyembe, figure de la riposte contre Ebola en RDC, souligne qu’il s’agit d’une souche connue mais nécessitant une vigilance accrue.
Les autorités sanitaires rappellent que la RDC dispose d’une expérience importante dans la gestion des épidémies d’Ebola, après plus de quinze résurgences du virus sur son territoire.
Les équipes de riposte ont été déployées dans les zones touchées afin de renforcer la surveillance épidémiologique, améliorer la prise en charge des cas suspects et limiter la propagation de la maladie.
Yvette Ditshima






