Le Collectif des Organisations de la Société Civile du Sud-Kivu pour la Paix a exprimé son inquiétude face à l’évolution du processus lié à la loi référendaire et aux débats sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution en République démocratique du Congo.
Dans une déclaration rendue publique lundi à Bukavu, cette plateforme citoyenne a estimé que l’organisation d’un référendum dans le contexte sécuritaire actuel risquerait d’exclure une partie importante des Congolais, notamment ceux vivant dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, où l’insécurité, les déplacements de populations et l’occupation de certaines localités par des groupes armés persistent.
« Il serait politiquement, moralement et démocratiquement inacceptable de conduire un processus référendaire qui ne garantirait pas la participation effective de tous les Congolais », a souligné le collectif.
Les organisations signataires estiment que l’adoption d’une loi référendaire dans les circonstances actuelles pourrait être perçue comme un mécanisme d’exclusion des populations affectées par les conflits armés. Une telle démarche risquerait, selon elles, de renforcer le sentiment de marginalisation déjà ressenti dans plusieurs communautés de l’Est du pays.
Le collectif a par ailleurs réaffirmé son soutien à la position défendue par Conférence épiscopale nationale du Congo et Église du Christ au Congo, qui privilégient le dialogue national, la cohésion sociale et la recherche de solutions aux crises sécuritaires avant toute réforme constitutionnelle.
Pour ces acteurs de la société civile, l’unité nationale repose sur la participation de tous les citoyens aux grandes décisions engageant l’avenir du pays. Ils considèrent qu’aucune réforme fondamentale ne devrait être menée au détriment d’une partie de la population, même de manière involontaire.
Dans leur déclaration, ils ont également déploré le silence de plusieurs élus nationaux du Sud-Kivu sur cette question. Ils les ont appelés à prendre clairement position sur un dossier qu’ils jugent déterminant pour l’avenir de la République et la défense des intérêts des populations touchées par la guerre.
Le Collectif des Organisations de la Société Civile du Sud-Kivu pour la Paix a enfin exhorté les autorités congolaises à faire de la restauration de la paix, de la reconquête des territoires occupés, du retour des personnes déplacées ainsi que de la garantie d’une participation égale de tous les citoyens à la vie publique les véritables priorités nationales.
Giscard Havril Mane






