L’Hôpital militaire de la Garde républicaine camp colonel Tshatshi, situé dans la commune de Ngaliema, à Kinshasa, en RDC cible 3.000 femmes dans le cadre d’une campagne contre les cancers du sein et du col de l’utérus. Au-delà d’Octobre Rose, les responsables médicaux veulent instaurer un suivi régulier dans les camps militaires.
À Kinshasa, l’Hôpital militaire de la Garde républicaine (HMGR) entend faire de la prévention des cancers féminins une démarche permanente plutôt qu’un rendez-vous annuel. Lancée le jeudi 8 octobre au camp colonel Tshatshi, dans la commune de Ngaliema, une campagne de dépistage et de prise en charge vise 3.000 femmes, avec l’ambition de renforcer durablement la lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus.
Organisée dans le cadre d’Octobre Rose, cette initiative, qui se déroule du 1er au 30 octobre 2026, bénéficie de la collaboration du Comité de coordination des activités médicales et humanitaires (CCAMH), du Centre national de lutte contre le cancer (CNLC) et d’autres partenaires. Elle cible principalement les femmes militaires, les policières ainsi que les personnes à leur charge, à travers des activités de sensibilisation, de dépistage précoce, d’orientation et de prise en charge médicale.
Pour le colonel docteur François Mbuyu, médecin directeur de l’HMGR, la vigilance doit commencer dès l’apparition des premiers signes inhabituels. Il a appelé les bénéficiaires à ne pas attendre que la maladie s’installe avant de consulter.
« Ne banalisez pas un signe inhabituel. N’attendez pas que la maladie s’installe pour consulter », a-t-il insisté.
Du dépistage ponctuel à un suivi continu
L’un des principaux enjeux de cette campagne est d’assurer la continuité des efforts de prévention après le mois d’octobre. Le docteur Ibanda Blanchard, gynécologue et responsable de l’unité d’oncologie de l’HMGR, a annoncé la mise en place d’équipes médicales chargées de se rendre régulièrement dans les camps militaires et les sites accueillant les familles des militaires.
Les femmes enregistrées seront recontactées pour des rendez-vous et un suivi médical continu. Cette approche vise à instaurer progressivement une culture du dépistage au sein des communautés militaires.
« Dans l’armée, la sensibilisation doit être permanente », a souligné ce spécialiste, regrettant que les campagnes de prévention contre les cancers soient souvent concentrées sur quelques périodes de l’année.
Au-delà du dépistage, les professionnels de santé souhaitent également mieux comprendre les facteurs à l’origine de ces maladies dans le contexte congolais. Une conférence scientifique organisée lors du lancement a ainsi réuni des professeurs d’université et des médecins pathologistes des Cliniques universitaires de Kinshasa et de l’HMGR autour des questions de prévention et de prise en charge.
À cette occasion, le docteur Ibanda Blanchard a relevé la nécessité d’approfondir les recherches sur les facteurs génétiques et environnementaux susceptibles d’intervenir dans l’apparition de certains cancers. L’unité de cancérologie de l’armée entend contribuer à ces travaux afin de mieux cerner les particularités observées chez les patientes en RDC.
Le CCAMH, partenaire de cette initiative, partage cette orientation axée sur la prévention. Son coordonnateur national, le docteur Gaston Bekoka, a souligné l’importance d’investir dans cette démarche pour contribuer à réduire l’incidence et la prévalence des cancers féminins. Son adjoint, le docteur Ferdinand Mongane, a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’un suivi préventif et thérapeutique adapté aux communautés militaires et à leurs familles.
Placée sous le thème « Protéger la santé de celles qui protègent la Nation », cette campagne porte ainsi une ambition qui dépasse les 3.000 femmes ciblées. L’enjeu est de maintenir la mobilisation au-delà d’Octobre Rose et de faire du dépistage un réflexe durable. L’HMGR précise par ailleurs que ses services restent accessibles à la population civile, conformément aux orientations du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.
Giscard Havril Mane






