Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a achevé mardi 23 juin sa mission économique dans la province de la Tshuapa par une étape dans le territoire de Bokungu, où il a multiplié les échanges avec les acteurs locaux et évalué plusieurs projets et infrastructures.
Après avoir quitté Boende pour rejoindre Bokungu à bord d’un canot rapide au terme de près de onze heures de trajet, le membre du gouvernement a pu mesurer les difficultés de mobilité auxquelles sont confrontées les populations de cette partie de la province. L’état de dégradation avancée de la Route nationale n°8 (RN8) ainsi que la baisse du trafic observée illustrent, selon les constats effectués sur place, l’isolement progressif de plusieurs territoires de la Tshuapa.
Cette mission a permis de mettre en lumière les difficultés économiques auxquelles fait face Bokungu. Autrefois intégré aux circuits commerciaux reliant notamment Mbandaka et Kinshasa grâce à la production de café robusta, de cacao, de palmier à huile, de manioc, de maïs et de produits forestiers, le territoire peine aujourd’hui à maintenir sa place dans les échanges régionaux.
La dégradation des infrastructures de transport, le recul de la navigation régulière, la disparition de plusieurs ports secondaires ainsi que l’augmentation des coûts logistiques ont fortement réduit la compétitivité des producteurs locaux.
Pour Daniel Mukoko Samba, la priorité consiste désormais à réduire les coûts de transport afin de reconnecter les territoires enclavés à l’économie nationale.
« Pour reconnecter Bokungu, Monkoto, Boende, Befale, Ikela et les autres territoires enclavés à l’économie nationale, il faut d’abord réduire le coût du déplacement des personnes et des marchandises », a déclaré le ministre de l’Économie nationale.
Selon lui, les producteurs locaux supportent aujourd’hui des charges particulièrement élevées liées à la dégradation des routes de desserte agricole, à l’insuffisance de la desserte fluviale, aux ruptures de charge, au coût du carburant, à la maintenance ainsi qu’à divers prélèvements informels.

« Sans une réduction substantielle des coûts logistiques, aucune relance durable de la production locale ne sera possible », a-t-il insisté.
Au cours de son séjour, la délégation gouvernementale s’est également rendue sur le chantier du premier bâtiment de l’Université de Bokungu. Lancés en 2025, les travaux progressent malgré les contraintes liées à l’acheminement des matériaux depuis Kinshasa.
Le Vice-Premier ministre a par ailleurs rencontré les représentantes de la Ligue des femmes de Bokungu ainsi que celles de l’Association des mamans maraîchères, qui regroupe près de soixante associations. Ces organisations ont présenté leurs besoins en semences améliorées, équipements agricoles et matériels destinés à soutenir la production maraîchère.
Les échanges avec les opérateurs économiques ont également mis en évidence plusieurs contraintes qui pèsent sur l’activité locale, notamment l’absence de services bancaires, les difficultés d’accès au crédit ainsi que les limites du transport fluvial, principal moyen de desserte de la région.
À cette occasion, Daniel Mukoko Samba a annoncé qu’un premier appui sera accordé aux associations de mamans maraîchères à travers la mise à disposition de semences améliorées et de matériels de travail. Il a également indiqué que l’amélioration des infrastructures de santé et le renforcement des moyens de transport figurent parmi les priorités identifiées pour accompagner le développement de Bokungu.
« Le problème de Bokungu, comme celui de Monkoto ou de Boende, n’est pas l’absence de potentiel économique. Les terres sont là, les ressources sont là et les populations sont là. Le véritable obstacle demeure le coût exorbitant du kilomètre parcouru entre le champ, le marché local, le port et les grands centres de consommation », a conclu le ministre de l’Économie nationale.
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